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rallye monte carlo 2015
JEAN MONCHARMONT "Ma journée au Monte Carlo"
"En rallye il arrive que des pilotes  fassent un mauvais choix de pneus, en ce qui me concerne, c'est un mauvais choix d'épreuve spéciale que je viens vous raconter"

En deux mots je savais que l'ES La salle en Beaumont-Corps, avait le plus de chance d'être eneigée par rapport à son exposition et son altitude. Et comme pour moi le Monte Carlo est synonyme de neige, je prends donc la direction de cette spéciale à l'accés difficile en faisant donc l'impasse sur les deux autres situées un brin plus loin après Corps et bien plus faciles à accéder.
A 5h30 soit deux bonnes heures avant la fermeture, je fais un premier passage pour repérer les lieux, mais déjà il y a des centaines de camping-car et de voitures garés là ou c'est possible. Sur la route c'est mollo-mollo car sa glisse fort et j'avance dans un brouillard compact à découper à la scie sauteuse. Je descends jusquà Sainte Luce et sa fameuse épingle, et là c'est encore bourré de partout. Du coup je fais le tour par la nationale pour revenir dans l'ES et je finis par trouver une place en haut du col de de l'Holme à 1200 métres d'altitude entre un camping car italien et deux espagnols. Question neige et conditions hivernales c'est parfait je suis au top et je pense qu'au lever du jour le brouillard se levera et que je pourrais jouir pleinement du spectacle et faire de bonnes photos car le point me parait sympa.
Dans la purée de pois
Mais que dalle, car dans la matinée on voit à 60-70 mètres maxi, le thermomètre est à -5, il tombe une sorte de neige givrée qui blanchit la route, et pour corser le tout, la brise se fait frisquette. Mais bon, c'est l'hiver , et pour moi qui cherchait le monte carlo dans ces conditions je suis servi. Mais si comme tous les spectateurs , je me prepare a assister à un super spectacle de glisse, question photo c'est nul. La masse nuageuse qui couvre les Alpes est trop épaisse pour que le soleil puisse la traverser. On entend les autos venir de loin, on les voit surgir et hop le temps de compter une-deux secondes, c'est fini, elles disparaissent. Pour prendre de belles photos il y a peut être de meilleurs endroits dans les deux autres épreuves spéciales, mais c'est trop tard pour s'y rendre. J'assume.
Car en éternel optimiste je continue de penser que le soleil finira par gagner et qu'au deuxième passage les photos seront superbes. C'est du moins se que j'affirme à quatre Belges, des vrais baroudeurs du WRC qui pour se rechauffer le corps descendent des godets d'eau de vie comme moi je bois de la grenadine. Conscients que mes prévisions météorologiques vont se réaliser , je m'octroie une sieste dans la chaleur de la mégane. Mais quand j'émerge c'est encore pire. Ce n'est plus du brouillard mais du coton ou seule se distingue en gris de l'espéce de "S" ouvert pleine corde gauche. On devine plus la route qu'on ne la voit réellement et quand Sébastien Chardonnet inaugure le second passage, les conditions ne sont plus remplies pour sortir des photos convenables. Les cameramens de la TV avec qui j'ai discuté plient d'ailleurs les gaules aprés avoir fimé les dix premières autos "Pas bon , on se casse" me disent ils. Par acquis de conscience je continue mais la nuit tombe en emportant mes dernières illusions. Je ne regrette absolument pas ma journée car je me suis régalé en voyant passer les stars de la route, ces purs acrobates de la glisse à négocier à fond ce petit bout de route perdu dans le brouillard. Je sais maintenant ce que prendre une corde veut dire... C'était super...
Jean Moncharmont.